Réseau d'observateurs de la neige pour le massif des Vosges

Cet hiver fut, comme beaucoup d’hivers, aussi imprévisible que chargé d’événements. C’est une caractéristique des hivers vosgiens… et après des décennies à suivre quotidiennement les phénomènes concernant la neige, il faut se résoudre à cette constatation: il n’y a pas deux hivers vosgiens semblables.

La neige fait brièvement son apparition le 4 novembre 1985 pour fondre le lendemain. Un faible manteau neigeux s’installe difficilement à partir du 11 novembre pour atteindre une vingtaine de cm d’épaisseur le 23/11.

Les premières neiges, c’est un peu comme le « marronnier officiel » de Genève dont on guette les premières feuilles qui annoncent l’arrivée du printemps. Ici, nous guettons les premiers flocons annonciateurs de la saison hivernale.

Et lorsque les Hautes Chaumes blanchissent, aux environs du troisième jeudi de novembre, belle occasion de faire les premiers virages à ski et de terminer la journée au refuge avec les copains en célébrant l’arrivée du Beaujolais Nouveau.

Pas de chance, le mois de décembre se passa au vert jusqu’après Noël où l’on put terminer l’année avec seulement une quarantaine de cm d’épaisseur.

Janvier 1986 fut correctement enneigé, le manteau neigeux dépassa largement 50 cm pour atteindre 2 mètres en fin de mois.

Les températures minimales, TN, enregistrées au poste météorologique du Chalet Universitaire sont toutes fortement négatives durant ce mois de janvier (la plus basse: -10,5 °C le 28/01. L’observateur n’a noté, à deux reprises seulement, de brèves températures maximales, TX, à 2 °C.

Février 1986.

Ce mois s’avère très froid, un puissant retour d’est apporte de fortes précipitations neigeuses qui vont charger les couloirs d’avalanches. Il n’y a pas de remontées de températures significative en journée. Les minimales nocturnes vont de – 16° à – 18°C les 25, 26 et 27 février. Cette neige poudreuse est légère et sèche. L’épaisseur moyenne de neige qui est de 1,75 mètre en début du mois, passe à plus de deux mètres en fin de mois.

Le Forlet – Altenwasen le 25/02/1986

Nous étions cette semaine en randonnée nordique itinérante. Nous avions du « brasser » dans une neige profonde, non portante, en évitant les secteurs à risques.

Enregistreur thermo-hygrographe du Chalet Universitaire.

Hauteurs de neige non validées à l’époque par nos climatologues.
Températures relevées manuellement sous abri normalisé.

En fin de semaine, le vent tourne à l’ouest, les températures diurnes redeviennent positives. Le manteau neigeux se transforme rapidement, il s’humidifie, sa masse volumique augmente.

Dimanche 2 mars 1986, vers midi, une cordée de trois alpinistes est emportée par une avalanche de poudreuse, dans un des couloirs du versant nord du Hohneck.

Ces trois jeunes gens ont eu de la chance, des témoins qui ont assisté au déclenchement de cette avalanche, ont pu prévenir les Secours en Montagne et dégager les victimes en partie ensevelies.

D’autres faits plus dramatiques se sont produits depuis.

Les études et suivi des phénomènes liés à la neige se poursuivent au sein d’une équipe pluridisciplinaire et du réseau d’observateurs de terrain de l’association NIV’o.s.e.